Un dimanche à la chasse

Un dimanche à la chasse

chasseLe 16 octobre 2016, je participai à la manifestation «Un dimanche à la chasse» organisée par la Fédération départementale des chasseurs de l’Oise.  J’ai accompagné les chasseurs de la Société communale de chasse de Saint Etienne Roilaye dans une activité que je n’avais jamais, au grand jamais pratiquée !!!!

Ce jour-là, c’était la chasse au « grand gibier » : cerf, biche, chevreuil ou sanglier, un mode de chasse en groupe, dont j’ai découvert que rien n’est laissé au hasard, mais au contraire soumis à des règles précises. Nous nous sommes d’abord retrouvés tous réunis pour l’inscription des participants sur un registre et l’organisation de la battue.

Auparavant certains chasseurs avaient fait un tour de reconnaissance pour identifier des traces et délimiter des zones où pouvait se trouver le gibier recherché. Le président de la société a rappelé les consignes de sécurité, le nombre d’individus qu’ils pouvaient tirer (selon un plan défini par la préfecture pour la saison), et la signification des sonneries des trompes de chasse. Il a également défini le déroulement de la partie, en formant des groupes de chasseurs autour d’un chef de ligne, aussi bien pour la traque sur telle parcelle, que pour l’attente en « poste ».Sous la garde vigilante d’un chasseur expérimenté, j’ai pratiqué « la traque », puis « le poste ».

Pendant la traque nous avons avancé en ligne avec les chiens, dans une zone de forêt, pour lever le gibier et le pousser vers les « postés ». Ce fut une grande surprise pour moi de constater que cela s’opérait avec beaucoup de bruit, les encouragements des chasseurs, les cris des chiens excités, les sons de trompes de diverses significations : lancer et arrêter la traque, rappel par les chasseurs de leur chien qui reconnaît entre tous le son de leur instrument. Je ne sais pourquoi j’avais toujours imaginé que tout cela se passait dans le plus grand silence, comme pour surprendre le gibier…

Pour la partie postée, comme son nom l’indique, c’est une phase statique en terrain découvert où l’on attend, en observation, un éventuel gibier qui sortirait de la zone de battue. Après des coups de feu, un son de trompe traduit par mon accompagnateur a annoncé qu’un cerf avait été tiré mais ce n’est que plus tard, après de nouveaux coups de fusil, qu’un autre son de trompe a averti que l’animal était mort. C’est le nombre de coups de trompe qui indique quel gibier a été tiré. Puis la partie de chasse a été déclarée terminée par un son de trompe spécifique et nous nous sommes retrouvés à la cabane de chasse de la société.

Le cerf tué a été apporté là pour la pesée, la découpe et le partage et j’ai pu observer le bracelet d’identification qui lui avait été fixé à la patte, permettant la traçabilité et empêchant la tricherie. Réuni autour du président de la société le groupe a effectué un dernier rapport sur la partie de chasse, avant le verre de l’amitié.

J’ai constaté que cette activité est très organisée. J’ai appris avec intérêt que la Fédération départementale des chasseurs de l’Oise est une association agréée au titre de la protection de l’environnement depuis 1979 et je comprends à présent que les chasseurs puissent être progressivement devenus des acteurs de la protection de la faune sauvage. J’ai pu me rendre compte que j’avais certaines idées toutes faites sur la chasse et les chasseurs, qui se sont confrontées à la réalité de ce que j’ai vu et entendu lors de cette expérience : je prends conscience (une fois de plus), qu’il est tellement facile de juger, critiquer et rejeter ce que l’on ne connaît pas… et que ce terreau de l’intolérance et du racisme, c’est notre lot à tous…

En tout état de cause, les deux accompagnateurs qui m’ont fait partager leur partie de chasse étaient des personnes fort sympathiques, dont le comportement et les propos montrent qu’ils aiment et respectent la nature, et je les salue ici !

Evelyne Bourion

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